
La photo de gauche a Ă©tĂ© prise Ă Lille en France en septembre dernier, je lâai envoyĂ©e Ă mon amie AurĂ©lie qui mâa rĂ©pondu par une prise de vue semblable depuis MontrĂ©al, photo de droite.
Ces images sont une triste preuve que les produits issus de lâindustrie du textile sont souvent considĂ©rĂ©s comme jetables.Â

En ce moment, câest les soldes en France (dâoĂč je viens) et je me suis souvenue avoir ces photos. Â
Je fais trĂšs attention Ă tout ce quâil se passe autour de lâunivers du textile dâautant plus depuis que jâai créé Bon Magasinage. Je ne magasine plus dans les grandes enseignes mais je mây rends encore Ă lâoccasion pour voir de mes propres yeux ce quâil sây passe. Je me renseigne chaque jour un peu plus sur lâindustrie du textile et le constat que jâen fait mâalarme. Ce qui me peine dans ces images est :
- De ne plus se rendre compte de la valeur dâun vĂȘtement.
- De ne plus y voir la beauté de la création et de tout le talent nécessaire à sa conception.
- De considérer cette mode comme jetable.
Le grand problĂšme avec ces pensĂ©es câest quâon nâa mĂȘme pas idĂ©e du terrible bilan environnemental et humain que lâindustrie du textile provoque. Â
-> Il faut des milliers de litres dâeau pour fabriquer un seul T-Shirt, cette eau sort des usines complĂštement souillĂ©e et pleine de produits chimiques toxiques en direction des riviĂšres. En fonction des pays ou rĂ©gions, ces riviĂšres sont parfois le seul point dâeau des habitants qui sây lavent et y boivent! Un documentaire intĂ©ressant la dessus.
-> On surproduit le coton, câest Ă dire quâon le fait pousser toujours plus vite grĂące Ă des produits chimiques nĂ©fastes pour la terre et pour lâhumain qui le cultive. On ne tient pas compte de son temps de croissance naturel.
-> Il faut beaucoup de personnes pour pouvoir assurer la confection des milliards de vĂȘtements qui sont produits chaque annĂ©e. AprĂšs avoir Ă©puisĂ© les ressources de la terre on en Ă©puise ses habitants puisquâil faut produire toujours plus vite, Ă nâimporte quel Ăąge et dans nâimporte quelles conditions.
 Une personne proche de moi a travaillĂ© pour une enseigne de fast fashion et mâa mentionnĂ© quâĂ partir de la crĂ©ation des croquis dâune collection jusquâĂ lâarrivĂ©e du stock final au Canada il fallait compter 5 semaines. -> 5 semaines tout compris de la Chine au Canada. Â

Produire en basse qualité en prévisions des soldes
 Autre fait surprenant, jâai aussi la certitude pour avoir travaillĂ© dans le milieu de la mode que certaines marques fabriquent des collections en plusieurs qualitĂ©s. Une meilleur qualitĂ© pour la collection officielle vendue Ă prix « normaux » et une moins bonne qualitĂ© en prĂ©visions des soldes. Donc, on pense acheter moins cher un article repĂ©rĂ© quelques mois avant mais en fait le tissu est de moins bonne qualitĂ©.
Brader⊠sur lâhumain et lâenvironnement
Tout ça contribue malheureusement Ă nourrir le cercle vicieux des dĂ©rives de lâindustrie textile en ne nous donnant aucune information sur les pratiques et modes de fabrication. Mais si on sây intĂ©resse, de nombreux documentaires et articles sont disponibles.
Vers une interdiction de brûler les invendus en France?
La fameuse « loi sur lâĂ©conomie circulaire » devrait ĂȘtre votĂ©e fin 2019, les grandes lignes de cette loi ne sont pas encore dĂ©finitives mais si tout se passait comme prĂ©vu, cela voudrait dire que les enseignes de vĂȘtements nâauraient plus le droit de jeter ou brĂ»ler leurs invendus. Câest une belle nouvelle puisque les enseignes nâauront pas dâautre choix que de rĂ©organiser la gestion de leurs invendus. Cela aura surement comme joyeuse consĂ©quence de produire moins ! Croisons les doigts pour que le gouvernement tienne sa promesse.
Un article intéressant sur le sujet :

Il y est annoncĂ© que dâici 10 ans, lâindustrie de la seconde main aura dĂ©passĂ© lâindustrie de la fast fashion!
Il y a quelques annĂ©es, jâĂ©tais dĂ©couragĂ©e ne sachant plus ou ni comment magasiner. Je me disais que quoi que je fasse, ça ferait souffrir quelquâun et/ou porterait dommage Ă la planĂšte. Favoriser des marques aux modes de fabrication plus transparentes et magasiner en seconde main ont Ă©tĂ© mes meilleures alternatives.
Favoriser des belles compagnies
Comme on vous en parlait dans notre Glossaire dâune mode alternative, privilĂ©gier les marques aux modes de fabrication plus transparents est une belle façon de participer au changement. Si je devais vous en citer une, ça serait:
Les compagnies locales
Les enseignes plus Ă©thiques sont souvent celles qui fabriquent localement. Lorsque je livre vos commande avec la Livraison Bon Magasinage, je me rends chez vous et j’ai la chance de voir la qualitĂ© des crĂ©ations quĂ©bĂ©coises et de constater que câest du solide. Je me souviens dâailleurs avoir livrĂ© cette jolie robe Odeyalo Ă Dominique . Elle lui allait si bien. GrĂące Ă lâachat local on retrouve lâaspect humain qui fait tant de bien ! Â
La seconde main
Le marchĂ© de la seconde main est en pleine explosion ! On a plaisir Ă attendre la petite perle rare dont on rĂȘvait, tout en lui offrant une nouvelle vie et en encourageant lâĂ©conomie circulaire du vĂȘtement.



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